cometesPourquoi certains romans qui nous ont profondément touchés sont-ils si difficiles à partager ? L'homme qui cultivait les comètes est un des plus beaux romans que j'ai lu ces derniers mois, je peux le qualifier de très gros coup de coeur et pourtant je sais que j'aurai beaucoup de mal à lui faire rencontrer son public. Les adultes le dédaigneront en raison de l'âge du personnage principal, Arno, un petit garçon, qui attend désespérément que son père revienne. Les jeunes auront des difficultés à s'intéresser à une histoire sans suspense, ni péripéties à chaque page, humour ou histoire d'amour. Et pourtant...quelle erreur ! C'est un concentré d'émotion, de bonheur et de poésie. Une ode à l'indépendance et à la liberté. Je n'oublierai pas le magnifique personnage de Myriam, cette maman si jeune au courage exemplaire, qui entoure ses enfants d'oralité en leur contant histoires et légendes, en revisitant leurs propres origines même. Cette petite cellule familiale qu'elle recrée avec ses deux enfants et le mystérieux Horia transpire la sérénité et la joie de vivre tout en faisant fi des médisances et des conventions. J'ai beaucoup pensé au Coeur des louves de Stéphane Servant, deux oeuvres assez similaires dans les thèmes abordés, plus de légérèté tout de même chez l'auteur italienne. Et cela donne très envie de se plonger dans Mistral son précédent roman traduit chez La Joie de lire. Une découverte indispensable !

L'homme qui cultivait les comètes (L'uomo che coltivava le comete), Angela Nanetti, traduit de l'italien par Olivier Favier, La Joie de lire, coll. Encrage, 2013.

(ill. de couv. cop. Joie de lire)