MaisonCentEtagesToshi reçoit une lettre qui l’invite à visiter la maison à 100 étages. Elle est tellement immense que, même en levant la tête, il n’en voit pas la fin. Nullement découragé, il décide de monter tout en haut. Chaque double page présente alors 10 étages où vivent une même espèce d’animal (ex : de 1 à 10 vivent des souris, de 11 à 20 des écureuils, de 31 à 40 des coccinelles…). Et puis la maison change également de forme en fonction du type d’animal (les escargots habitent dans des pièces toutes rondes,  les abeilles dans des alvéoles…). A chaque étage, le petit garçon, toujours bien accueilli, rencontre tous les habitants. Au tout dernier étage se trouve un bel observatoire où vit le roi des araignées qui l’invite à regarder les étoiles en sa compagnie. Avec ses illustrations tout en rondeurs, très simples, aux couleurs pastels, Iwai Toshio, l'auteur japonais, s’amuse à utiliser le livre dans son format vertical en l’ouvrant vers le bas ce qui colle parfaitement à son thème. Peu d'illustrateurs exploitent ce format vertical, l'exemple le plus célèbre étant  Plouf de Philippe Corentin à l’Ecole des loisirs avec une ouverture vers le haut. On aurait presque envie de déplier le livre entièrement, comme un leporello, pour voir la maison dans son entier. A la fois imagier et livre à compter, La maison aux 100 étages propose un beau voyage en apesanteur.

Que faire lorsque l’on s’appelle Suzie Truie, Simon Cochon, Léone Oursonne, Vincent Elan et que MaisonDansBoisl’on n’a plus de maison ?  En construire une tous ensemble bien sûr ! Mais pour ce faire, les quatre amis ont besoin de spécialistes de la construction, ils appellent donc les Castors Ouvriers, qui seront payés en sandwiches au beurre de cacahuètes, pour monter la charpente. Une fois construite, l’intérieur est décoré, aménagé, on part chercher ensuite de bonnes provisions à l’épicerie. La journée ayant été chargée, les compères s’endorment bien vite dans leurs lits respectifs au moelleux douillet. Voilà un album qui célèbre l’amitié, la coopération, le partage et la simplicité et qui enrobe son lecteur dans un sentiment de bien-être diffusé par des illustrations aux tonalités automnales un peu terreuses à l'encre et aux pastels. Dès les pages de garde, on se sent bien dans cette maison dans les bois. Sur les deux premières, on est accueilli par les animaux portant des assiettes chargées de club sandwiches au beurre de cacahuètes, un joli geste de bienvenue adressé aux enfants (miam!). Les deux dernières offrent, quant à elle, une vue apaisante de la maison au bord du lac des castors au crépuscule.

La maison aux 100 étages, Iwai Toshio, trad. du japonais par Saïto Junko, Picquier jeunesse, 2012. (Hyakkaidate no le, 2008);  La maison dans les bois (A house in the woods, 2011), Inga Moore, trad. d’Aude Lemoine, L’école des loisirs, coll. Pastel, 2012. 

(Ill. couv. copyright Picquier, Ecole des loisirs-Pastel)